Rwanda’s genocide – Tutsis are not to blame | The Guardian

Linda Melvern, James Smith VS Helen C Epstein
"Having the RPF assassinate the president is a revisionist masterstroke."

Il n’y a aucune preuve que le Front Patriotique Rwandais a tué le président Habyarimana, écrit Linda Melvern ; James Smith ajoute qu’accuser les victimes d’être responsables des atrocités qui leur ont été infligées est inexact et dangereux.

[Traduction rapide par mes soins... - lire la version anglaise ]

Helen C Epstein prétend avoir des « preuves » que le Front patriotique rwandais (FPR) a assassiné le président Juvénal Habyarimana (Le rôle caché des Etats-Unis dans le génocide rwandais, 12/09). Mais cette affirmation n’est pas étayée et ignore la parole des témoins.

Cette nuit-là, un docteur belge, le docteur Massimo Pasuch, au Camp Kanombe, contrôlé par l’armée rwandaise, était assez proche du lancement du missile pour entendre son "whoosh" révélateur.

Epstein affirme que les missiles ont été tirés à quatre milles de distance, depuis la coline Masaka. L’arme, selon elle, était un Sam-16 fabriqué en Russie parce que « deux lanceurs à usage unique SA-16 » ont été retrouvés près de Masaka, un endroit plus « accessible » au FPR que le Camp Kanombe.

Elle s’appuie sur l’enquête du magistrat français Jean-Louis Bruguière, pour qui les numéros de série des lanceurs retrouvés à Masaka provenaient d’un envoi expédié de la Russie vers l’Ouganda. Mais son information sur les lanceurs provient de sources peu fiables - des génocidaires avérés, que Bruguière aura interrogé en prison.

Lorsque le juge Marc Trévidic a repris l’enquête, il a visité le site de l’accident accompagné par six experts, des scientifiques dont le rapport, tout comme les témoignages reccueillis, ont montré que les missiles provenaient du Camp Kanombe.

Epstein, si désireuse d’inculper le FPR, rejette ces conclusions, pourtant fondées, qu’elle juge comme "non concluantes".

Affirmer que le FPR a commis l’attentat contre le président Habyarimana est l’élément central de la stratégie des révisionnistes. Il sert à dissimuler le coup d’état, transformant les génocidaires en victimes et leur programme d’extermination en une guerre préventive. C’est une pièce maîtresse de la défense des génocidaires, lors de leurs procès, qui est activement diffusée par des fonctionnaires français impliqués et par les théories conspirationnistes. Aucune preuve crédible pouvant étayer ces affirmations n’a jamais été apportée.

Mis en ligne par Bruno
 19/09/2017
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