Sur la coopération de sécurité et de défense entre la France et le Burundi

Burundi : des sanctions économiques contre Nkurunziza ?
Vers la guerre civile ?

« À Bujumbura, les assassinats extrajudiciaires, notamment d’opposants politiques, de journalistes et de défenseurs de droits de l’homme, se sont multipliés depuis le mois d’avril. »

« Ceux qui expriment une opinion divergente continuent à vivre dans la peur des enlèvements et des assassinats et de nombreuses allégations crédibles ont été faites concernant des actes de torture qui auraient été commis »
- M. Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme [1]

Mis en ligne par :   Bruno
 12 décembre 2015

Sur la coopération de sécurité et de défense entre la France et le Burundi

Alors que l’on se prépare au pire au Burundi, comme on aura pu s’en rendre compte en prenant connaissance de l’effarant discours - à lire ci-dessous - de Révérien Ndikuriyo [2], le président du Sénat, tenu le 1er novembre dernier à Bujumbura lors d’une réunion rassemblant les chefs de quartiers et les cadres du CNDD-FDD pour les « sensibiliser », on apprenait la semaine dernière que les frontières burundaises étaient en train d’être bouclées, les civils qui tentent de fuir les persécutions étant empêchés de quitter le pays par les miliciens affiliés au parti au pouvoir, les Imbonerakure, qui circulent le long des frontières [3].

« Les milices affiliées au parti au pouvoir continuent de terroriser la population, parfois en coopération avec la police, qui a verrouillé des quartiers entiers » - M. Zeid Ra’ad Al Hussein

Entre 200 000 à 300 000 Burundais terrorisés par ces miliciens Imbonerakure ont d’ores et déjà fui le Burundi pour la Tanzanie, le Rwanda ou encore l’Ouganda : « une majorité d’entre eux sont des Tutsi », rappelait début novembre Jean-François Dupaquier, tandis que « Pierre Nkurunziza et son groupe tentent de ressusciter les manipulations identitaires », et les oppositions « ethniques » pour « bricoler un semblant de légitimité et d’adhésion populaire » en essayant de diviser les Burundais alors que l’opposition à son troisième mandat transcende de toute évidence les clivages ethniques et même partisans :

« Hutu et Tutsi confondus, les milliers de manifestants contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza n’avaient pas en tête l’appartenance « ethnique » de tel ou tel dignitaire. Ils voulaient sortir d’un régime d’incurie, de népotisme et de corruption à grande échelle, qui maintient le pays dans la misère. » – Jean-François Dupaquier

« Un génocide politico-ethnique est en cours au Burundi », alertait encore le 15 novembre dernier Libérat Ntibashirakandi [4], lançant un « cri d’alarme » à destination des citoyens du monde appelés à alerter leur gouvernement « pour que des mesures soient prises de toute urgence pour protéger la population burundaise en danger ».

Quelques jours après cet appel, le 23 novembre, le gouvernement américain [5] décidait de prendre des sanctions contre quatre responsables burundais, « des individus au sein du gouvernement qui contribuent aux troubles, affaiblissent les institutions démocratiques et se rendent coupables d’atteintes aux droits de l’homme » [6].

Malgré l’urgence, la France et le Conseil de sécurité se satisfont d’un appel au « dialogue inclusif »

L’ONU, qui a donc pourtant bien pris toute la mesure de la tragédie qui est en train de se jouer quotidiennement au Burundi depuis plusieurs mois, tarde, de son côté, à appliquer des sanctions.

Le Conseil de sécurité de l’ONU s’inquiétait déjà, le 28 octobre dernier, de « la multiplication des violations et des atteintes aux droits de l’homme, y compris les exécutions extrajudiciaires, les actes de torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, les arrestations arbitraires et les détentions illégales. » Lors de sa 7546e séance, le Conseil de sécurité notait, « avec une grande inquiétude l’impunité qui règne, les assassinats quotidiens, les restrictions à l’exercice de la liberté d’expression, y compris pour les journalistes, et la dégradation continue de la situation humanitaire. » [7]

Quelques jours plus tard, le 9 novembre, un projet de résolution prévoyant des sanctions [8] envers les responsables de violences circulait dans l’enceinte onusienne avant que la France ne propose et ne fasse adopter un texte de résolution [9] « légèrement en deçà », l’instauration d’un régime de sanctions [10] ou l’adoption d’une résolution plus contraignante étant jugées « contre-productive » par la diplomatie française : la résolution finalement proposée par la France demande l’envoi d’une « équipe d’experts » pour « préparer dans les deux semaines à venir des ’options’ », le Conseil de Sécurité, tout en « prenant note de la décision de l’Union africaine d’imposer des sanctions [11] », affirmant ainsi audacieusement sa ferme volonté de « rester activement saisie de la question »...

Dans un article qui semble lui avoir été dicté par la diplomatie française, la correspondante du Monde aux Nations Unies se félicite du « signal fort » envoyé aux autorités burundaises qui sont maintenant placées « sous le radar onusien », le Conseil de sécurité allant même jusqu’à « envisager des mesures additionnelles » et à demander à Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, de « revenir dans quinze jours ».

« Une décision non contraignante » et « qui a peu de chances d’aboutir à quoi de ce soit », comme l’affirme un diplomate interrogé par la journaliste avant qu’elle ne rappelle la position française, soit la volonté de ne rien faire de contraignant et de ne pas appliquer de sanctions : la résolution écrite par la France est ainsi considérée comme « un pas en avant important » par le représentant français à l’ONU, François Delattre, qui, trahissant la réalité, « se défend d’avoir fait adopter une résolution minimaliste ».

Pourquoi s’opposer à des sanctions au Burundi ?

Pourquoi s’opposer à des sanctions au Burundi, alors qu’il apparaît clairement - espérons que l’Union européenne l’ait compris* - que c’est la seule façon de contraindre le régime de Nkurunziza, dont la survie dépend fortement de l’aide internationale, à cesser ses exactions et à ne pas s’enfoncer dans la guerre civile pour assurer son maintien au pouvoir ?

Pour la correspondante du Monde, c’est par « réalisme » que les Français auraient proposé une résolution non contraignante. Elle rapporte ainsi que selon François Delattre, les membres africains du Conseil de sécurité (Angola, Nigeria, Tchad) s’opposeraient aux sanctions tout en « prenant note de la décision de l’Union africaine d’imposer des sanctions [12] »...

« Contre-productives » ? Il ne semble pas déraisonnable de se questionner sur la position de la France concernant l’instauration de sanctions, sur laquelle le représentant français à l’ONU, François Delattre, ne s’est donc pas clairement exprimé.
Au vu de l’action française au Kivu ces 25 dernières années, il peut également paraître pour le moins inquiétant que la France soit « pen holder » [13] sur ce dossier burundais [14].

En effet, en proposant un appel au « dialogue inclusif » le 12 novembre dernier en lieu et place de sanctions, la France semble agir comme en 1994, au Rwanda voisin, où, alors que le génocide des Tutsi se termine (15 juillet), elle essaye d’imposer que le gouvernement intérimaire rwandais (GIR) qui durant trois mois a piloté le génocide, et le FPR, seule force militaire à avoir tenté d’empêcher les massacres, adoptent un « immédiat et sans préalable » cessez-le-feu après qu’elle eut dans un premier temps proposé le partage du pays, sur une base ethnique.

En 1994, le GIR s’était formé à l’ambassade de France à Kigali, après l’attentat contre l’avion présidentiel, et était soutenu par Paris. Les forces armées rwandaises (FAR), qui accomplissaient le génocide aux côté des miliciens Interahamwe, avaient été formées par l’armée et la coopération militaire françaises. Ils purent, rappelons-nous, durant l’opération Turquoise dépêchée à leur rescousse, rejoindre avec leurs armes et une partie de la population rwandaise la République Démocratique du Congo voisine où ils prirent le contrôle des « camps de réfugiés » avant de former le FDLR, responsable d’innombrables exactions (pillages, viols, assassinats ...) à l’encontre des populations du Kivu.

En 2013, il sévissent encore en RDC, plus de vingt et un an après y voir été réarmés par l’armée française, comme aura pu, entre autres, en témoigner Hubert Védrine [15].

Un rapport de l’ONU [16] confirmait alors que les FARDC collaboraient de façon étroite avec les FDLR que la brigade d’intervention des Nations unies était censée combattre, au même titre que les autres groupes armés : cependant, bien que la résolution 2098 de l’ONU [17] lui ayant donné naissance prévoyait de procéder au désarmement y compris des FDLR, la Brigade offensive de l’ONU - pilotée par le Français Hervé Ladsous - aura combattu à leurs côtés [18], de surcroît en support des FARDC pourtant identifiés comme l’une des principales menaces pour la population civile congolaise... [19]

Ainsi assurés de leur maîtrise de l’agenda médiatique et du « discours narratif » sur le Kivu, en 2014, FARDC et MONUSCO entamèrent une nouvelle séquence : le gouvernement congolais affirmera vouloir désarmer les rebelles rwandais tout en « renonçant à tout soutien de la Monusco dans les opérations de traque » [20] avant d’annoncer, quelques mois plus tard et alors qu’une partie d’entre eux s’est réfugiée au Burundi voisin, qu’il « pourrait revoir sa position quant à la collaboration entre les FARDC et la Monusco dans la traque des rebelles rwandais des FDRL. » [21] Cette « pause dans la coopération avec les FARDC » [22] mise en scène par Albert Mende sur Radio Okapi notamment aura permis à la fois d’exonérer la Brigade offensive et Ladsous d’une action contre les FDLR tout en permettant à ces derniers de gagner le Burundi et d’agir en soutien des milices Imbonerakure de Nkurunziza.

La France au Burundi ?

Si la France intervient en Afrique centrale - MONUSCO, MINUSCA - par le biais de l’ONU et plus particulièrement de son bras armé, le DKPO, elle a également des accords de coopération militaire et policière avec certains des états de la région, dont le Burundi.

À l’heure où « le désarmement urgent des milices doit être une priorité » [23] au Burundi et alors que les forces de sécurité (la police et le redouté SNR, la police politique burundaise) sont impliquées dans les « enlèvements », « les assassinats » ainsi que « des actes de torture », il apparaît nécessaire que soit faite toute la lumière sur la coopération de sécurité et de défense [24] entre la France et le Burundi.

Le gouvernement français annonçait le 15 septembre 2015 que « dès le début des troubles, la France a pris des mesures de précaution conduisant à la suspension des actions de coopération de sécurité et de défense. » Elle aurait aussi « gelé les formations des soldats burundais en écoles militaires en France et en Afrique [25]. »

Bien qu’aucune date ne viennent appuyer ces déclarations, nous en prenons ici acte tout en nous félicitant que la police et les services de renseignements burundais, comme on aura pu le voir largement impliqués dans la dégradation de la situation - pour ne pas une nouvelle fois évoquer les « assassinats quotidiens, la restriction de la liberté d’expression, les arrestations arbitraires ou les détentions illégales » - ne reçoivent plus officiellement de Paris de formation à « la doctrine française [26] », la guerre contre-subversive contre les populations et « l’ennemi intérieur » ni de soutien dans leurs opérations criminelles.

Mais malgré l’urgence de la situation, et alors que le secrétaire adjoint de l’ONU dénonce les « déclarations incendiaires de certaines autorités, dont le Président du Sénat, M. Révérien Ndikuriyo, et le Président burundais », la France a-t-elle réellement mis fin à sa coopération militaire avec le Burundi, quand on sait par ailleurs que le Burundi est encore engagé auprès des forces de maintien de la paix de l’ONU, en République centrafricaine [27], pilotées par la France via le DKPO ?

Inner City Press [28] signalait, le 15 mai 2015, comment Hervé Ladsous aurait demandé que certains des moyens, 9 millions de dollars, du Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, le DPKO qu’il dirige donc depuis 2011, soient détournés au bénéfice de Nkurunziza, notamment pour la fourniture de grenades [29] au régime alors que les radios de l’opposition étaient justement attaquées... à la grenade.

Matthew Lee rappelait enfin qu’il n’était « pas surprenant » qu’Hervé Ladsous, qui, en 1994, alors qu’il représentait la France au Conseil de sécurité, soutenait l’exfiltration à l’est du Congo des militaires et miliciens génocidaires Hutu [30] – ceux-là mêmes qui ont donné naissance au FDLR – s’active, aujourd’hui, pour que soient fournies des grenades à Nkurunziza...


* L’Union européenne

L’Union européenne avait adopté début octobre 2015 des sanctions contre quatre personnes, dont, Godefroid BIZIMANA, mais aussi Gervais NDIRAKOBUCA alias NDAKUGARIKA (chef de cabinet de l’administration présidentielle), Mathias/Joseph NIYONZIMA alias KAZUNGU (agent du Service national de renseignement – SNR) et Léonard NGENDAKUMANA (ancien « chargé de mission de la présidence » et ancien général) [31].

L’Union européenne rencontrait ce 8 décembre une délégation burundaise, dans le cadre des accords de Cotonou (procédure de consultation prévue à l’article 96), avant d’éventuellement procéder à la suspension de son aide au Burundi (qui représente 20% de son budget) :

« L’Union européenne considère que les positions exprimées ne permettent pas de remédier globalement aux manquements des éléments essentiels de son partenariat avec la République du Burundi. »

Mais...

« Les consultations sont clôturées et des mesures appropriées seront proposées aux instances décisionnelles de l’Union européenne. Dans l’attente de l’adoption des mesures appropriées, des mesures conservatoires pourraient être prises quant aux activités de coopération en cours et en limitant des activités de coopération nouvelles aux actions à caractère humanitaire ou bénéficiant directement aux populations. L’engagement ferme et opérationnel du Gouvernement du Burundi à participer dans les meilleurs délais au dialogue cité ci-dessus, comme d’ailleurs demandé par le Conseil de Sécurité des Nations Unies dans sa Résolution 2248 du 12 novembre 2015, constituera un signal positif. » – Communiqué de presse du Conseil européen, 8 décembre 2015 [32].

Nous osions espérer que la France aurait au sein de l’Europe moins de marges de manoeuvre que dans l’enceinte confinée du Conseil de sécurité.

L’Agence d’information
12/12/2015


"Ces mots rappellent tristement ceux qui avaient été utilisés avant le génocide des Tutsis et des Hutus modérés au Rwanda" - M. Adama Dieng, Conseiller spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la prévention du génocide.

Le discours de Révérien Ndikuriyo, président du Sénat burundais

« Je vous ai dit qu’il n’existe pas d’île au Burundi ; tu ne peux pas dire "je me cache derrière la fenêtre et les policiers passent et puis je leur lance une grenade" Pensez-vous que quand ils prennent notes et des images ils ne voient pas comment ces gens procèdent ? [...] Croyez-vous que cela n’est pas bien enregistré quelque part ? Je vous l’ai bien dit, vous êtes les chefs des quartiers, allez leur donner le message car vous vous connaissez entre vous, et si vous ne connaissez pas les personnes que vous dirigez, vous êtes des bons à rien ! Allez les avertir donc, pour que demain il n’y ait pas de regret. Je vous le dit clairement : intimez l’ordre à vos subalternes, dites aux chefs des groupes de dix ménages, s’il s’agit des fusils, collectez-les ; s’il s’agit des grenades, collectez-les aussi. [...] Je ne sais pas si vous me saisissez bien ! Hein ! Allez à Mogadiscio d’abord, et vous saurez ce que c’est que l’Armée Nationale [...].

Vous devrez rester ici à Bujumbura, vous n’irez pas dans la brousse, et si vous tentez, nous n’allons pas vous ménager ; la brousse est déjà minée, réservée pour autre chose ; vous devrez rester dans les maisons. Vous tomberez ici même dans les maisons. On va tout régler ici même, dans les maisons. [...] Et on ne fait pas dans les sentiments lorsqu’il est temps de passer à l’action ! Et je vous l’ai dit clairement. Je l’ai dit même au petit peuple, et il m’aime, les citoyens ne me font jusqu’ici aucun reproche ! Si on commence, ça sera terminé. Si vous entendez le signal avec une consigne que ça doit se terminer, les émotions et les pleurs n’auront plus de place ! C’est comme ça, vous êtes les chefs des quartiers, allez parler aux résidents de vos quartiers, si quelqu’un dit "j’accepte de mourir", alors vous direz à ceux qui viendront exécuter la mission : "Sur cette partie, il faut pulvériser [exterminer], ceux-ci sont bien à mourir !" Je vous donne l’ordre, allez ! Vous êtes les chefs de quartiers, et vous avez sous vos ordres les chefs des groupes de dix ménages. Allez donner ce message de manière claire ! [...].

J’ai dit quelque chose en passant que c’est même possible d’avoir des opportunités de décrocher encore des parcelles. Oui, c’est possible de décrocher quelques parcelles. Je ne sais pas si vous saisissez bien ce que je veux dire ! Si vous voulez vraiment avoir des parcelles, [sous-entendu : travaillez et] vous en aurez ! Allez transmettre le message, et ne dites plus "s’ils tirent encore", qu’est-ce que tu vas changer s’ils tirent ? Je sais comment la guérilla fonctionne car j’ai fait partie d’une guérilla. [...] Qu’ils sortent des maisons et nous allons nous mesurer avec eux sur les hauteurs, sur les montagnes et dans la brousse. Rendez-vous à Cibitoke, à Bukinanyana, je m’y suis rendu deux jours après [ndlr : après les attaques dites de "groupes rebelles"], on leur tirait dessus même cachés sous les pierres. [...] Vous avez étés élus, les gens ont confiance en vous, dites-leur la vérité ! Ne jouez plus le jeu "ça ne fait rien, on a lancé une grenade sur un policier" et vous vous mettez à chanter [à célébrer]. Et le message que je vous donne est clair. Partez avec ce message et transmettez-le !

Il y a des gens qui induisent les autres en erreur en leur disant "allez-y, tout est bien, il n’y a aucun problème, nous allons vous rejoindre" et d’un coup vous voyez cent personnes tuées en un laps de temps, à Cibitoke, plus d’une centaine ont été tués dans un laps de temps. Dans deux jours seulement, plus de cent personnes à terre ! 70 fusils saisis ! Voilà.

Mutakura et Cibitoke [NDLR : des quartiers dont certaines avenues sont réputées des bastions de l’opposition] c’est quelle superficie ? Quelle est la longueur du quartier Cibitoke ? (…) Combien de mètres séparent la 1ere et la dernière avenue ? Allez mesurer ! Ne vous comportez pas comme les enfants de la ville ! NON ! Ne vous comportez pas comme des citadins. Allez mesurer le nombre de mètres [la longueur] entre les différentes avenues du quartier Cibitoke ! Le quartier Mutakura a combien d’avenues ? Je vous le dit sincèrement, allez les avertir pour qu’ils ne viennent pas à dire "si j’avais su…" .

Je vous ai bien dit que nous connaissons Mogadiscio, les militaires sautaient directement des avions au champ de bataille, et avançaient en tirant immédiatement. Et voilà, aujourd’hui Mogadiscio est sécurisé [sous-entendu : par les militaires burundais de la Mission de paix] ! Que personne ne se trompe donc, en se croyant spécialiste. Parachuter n’est pas un problème. Même si vous alliez dans la forêt de la Kibira, les parachutistes s’y rendront de la même manière [qu’à Mogadiscio] et seul un de vous survivra et c’est celui qui viendra faire le rapport. Même dans les maisons [ndlr : dans les quartiers] ce sera pareil. [...] S’il est décidé qu’une opération sérieuse doit se faire dans un lieu donné, après avoir été minutieusement préparée, elle devra être parfaitement réalisée.

Personne n’ira à Muyinga, personne n’ira à Kirundo. Non ! Le tout se résoudra là-bas même [NDLR : dans les quartiers de Bujumbura]. Il y a une chose que vous ne comprenez pas encore peut-être, quand il [le Président Nkurunziza] dit avec sa maxime "qui allumera le feu, celui-ci le consumera chez-lui même !" Que celui-là qui osera, tout finira chez lui, c’est pour dire que si vous brûlez des pneus, c’est vous-même qui allez aspirer les fumées suffocantes ; si vous vous mettez à tirer des balles, le tout se terminera chez-vous. Si vous semez du trouble dans les quartiers, c’est dans vos quartiers que tout finira et sera anéanti ! [...] Le jour où l’autorisation pour travailler sera donnée et que la retenue actuelle viendrait à prendre fin, où irez-vous ? Si on venait à dire « désormais, travaillez ! », procédez à l’opération kora [travail] ! S’il advenait que ce soit à vous que l’on intime l’ordre de passer à l’action, alors que vous continuez à vous flotter et à côtoyer ces « gens-là », dites-moi comment vous pourriez le faire !

Avez-vous jusqu’à présent appris qu’un ordre aurait été donné pour travailler ? L’avez-vous appris ? Attendez ! Le jour où on dira "travaillez", vous verrez la différence ! Les policiers se cachent actuellement pour se mettre à l’abri des grenades, mais vous allez voir la différence le jour où ils recevront le message pour travailler. [...] Le jour où ils recevront l’ordre de travailler véritablement à l’action au nom du pays et pour la sécurité des quartiers, ils vont opérer sérieusement ! Ce ne sera pas comme maintenant où on essaie d’être indulgent notamment en tirant sur les bras pour que… huuuummm… quand ils reçoivent l’ordre de travailler sérieusement, ils travailleront.

On ne leur pas encore ordonné travailler. Actuellement, on est encore léger [...] Le jour où nos lâcheront les gens et nous ils recevront l’ordre de travailler, gare à vous ! Même cachés en dessous du lit, vous serez délogés. Le jour où on leur dira "travaillez !", tant pis pour vous. Je sais que même les policiers ne sont pas contents, ils disent "qu’on nous laisse faire le travail tel que nous l’avons appris, nous sommes lassés de nous faire lancer des grenades par derrière" ! Maintenant ils demandent qu’on leur donne l’autorisation de travailler ce qu’ils ont appris et ces histoires prendront fin.
Dans les Missions de maintien de la paix, on refusait aux forces de maintien de la paix de tirer, mais par après, on leur a donné l’ordre de tirer. Au départ, on se faisait tirer dessus et on perdait des hommes, mais par après, on leur a dit "passez à l’action" et c’était fini en zéro secondes. Il suffit de donner l’autorisation de travailler, le feu attire le feu et nous continuons.

Chez nous dans les savanes du Kumoso [ndlr la région au Sud Est du Burundi, les Provinces de Makamba, Rutana et Ruyigi], quand il y a des feux de brousse, pour l’éteindre et protéger les espaces non encore atteints, nous brûlions une partie non encore atteinte et orientions le feu allumé dans la direction du premier, les deux feux se rencontraient au milieu et c’était leur fin !
C’est comme cela que nous faisons dans le Kumoso pendant la saison sèche. On n’éteint pas les feux de brousse avec les feuilles de bananes sèches, ni avec des feuilles des arbres ! NON ! Si tu amènes des feuilles d’arbres, elles se consument sous tes yeux et il y a même le risque que tu y laisses la vie. Quand tu vois un feu de brousse te surprendre, tu te donnes une distance, tu allumes un second feu, tu l’oriente en direction du premier et ils se rencontrent au milieu. C’est ça.

C’est pourquoi nous rendons souvent visite aux populations. Les populations de l’intérieur du pays sont éveillées [NDLR : conscientisées]. C’est pourquoi elles disent que toute personne qui n’est pas de leur localité doit partir. Nous ne pouvons pas accepter d’être servi un menu dont nous ne savons pas comment il a été préparé, nous ne mangeons pas une nourriture dont nous ignorons le mode de préparation. Mais vous, à cause de la culture et de la mentalité de la ville, vous acceptez tout ! Cela pose alors problème.

Vous a-t-on dit que seuls les militaires ou les policiers font ce qu’on leur demande ? On use encore de la douceur ! [...] Pensez-vous que le gouvernement acceptera que ses policiers continuent d’être tués alors qu’il pouvait leur autoriser de travailler ! A un moment il dira NON et l’ordre sera donné de terminer la tâche. [...] Quand on donne l’ordre de passer à l’action, les gaz lacrymogènes ne sont plus un outil. Quand on se rend compte qu’il y a nécessité de travailler dans un lieu donné et qu’une décision est prise pour passer à l’action, on ne prend pas le gaz lacrymogène avec soi. Le gaz lacrymogène est utilisé quand les citoyens courent seulement dans la rue pour les empêcher de [inaudible], mais quand on dit qu’il y a une mission véritable à réaliser quelque part, quand on doit travailler, on travaillle.
On commence par identifier le lieu d’exécution du travail. On n’ira pas travailler là où il n’y pas de volume de travail suffisant ; on va là où il y a du travail et je sais qu’en pareil cas, tout marche bien et avec succès.

Ensuite, à celui qui a proposé que l’on travaille avec Kamenge et Kinama, je crois que cela n’est pas nécessaire. Vaut-il la peine de dire aux résidents de sortir de ces quartiers ? Quel serait finalement votre rôle ? Doit-on utiliser des sifflets ? N’êtes-vous pas les chefs de ces quartiers ? Ce n’est pas nécessaire de faire sortir tout le monde du quartier. Vous ne dirigez pas les objets, vous dirigez des personnes et aucune personne ne doit vivre dans la ville sans être identifiée/identifiable, étant donné qu’il existe des structures de l’administration jusqu’à la base avec les chefs des groupes de dix ménages. Vous ne devriez même pas attendre qu’il y ait une opération, vous devriez, de votre propre initiative, dire : "En ce lieu il existe 1, 2, 3, 4, 5 éléments qui ne sont pas en ordre" et vous vous enverrez un message par téléphone pour aviser ceux qui sont à épargner et vous appelez la police pour qu’elle passe à l’action et vous y retournez par après. Ne vous-ai-je pas dit qu’il y a même moyen d’être récompensé par des parcelles ? Hein…ce n’est pas un jeu…moi je suis comme ça… ne me regardez pas ! Je suis habitué à la guerre. »

Source de la traduction du discours
de Révérien Ndikuriyo, président du Sénat burundais :
Jean-François Dupaquier,
Afrikarabia - http://afrikarabia.com/wordpress/le-burundi-au-bord-de-lapocalypse/

Mis en ligne par :   Bruno
 12 décembre 2015


[1Les citations de M. Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, sont tirées du communiqué de presse faisant suite à la 7553e séance du Conseil de sécurité de L’ONU, http://www.un.org/press/fr/2015/cs12112.doc.htm

[3Interview de Michael Boyce du 23 novembre 2015, à propos du rapport de Refugees International, à lire sur RFI : http://www.rfi.fr/afrique/20151123-burundi-civils-empeches-quitter-ong-refugees-international

[5Jeune Afrique, http://www.jeuneafrique.com/281000/politique/burundi-barack-obama-prend-sanctions-contre-quatre-hauts-responsables/ ou encore Inner City Press, « Today President Obama issued a new Executive Order imposing sanctions against persons who have contributed to the ongoing crisis in Burundi. This Executive Order provides the authority to block the assets of those who, among other things, have engaged in or provided material support for actions that threaten peace and security in Burundi, undermine democratic processes, or who are responsible for or complicit in human rights abuses against people in Burundi. The Executive Order also imposes visa restrictions on those individuals meeting the criteria for the asset freeze. » - www.innercitypress.com/burundi162banthirdterm112315.html

[6Il s’agit de Godefroid Bizimana*, directeur général adjoint de la police nationale, Alain-Guillaume Bunyoni, ministre de la Sécurité publique et décrit comme le véritable numéro 2 du régime, Godefroid Niyombare, ancien chef du service de renseignements et ex-chef d’état-major de l’armée ainsi que Cyrille Ndayirukiye, ex-ministre de la Défense.

[7La situation au Burundi, Déclaration présidentielle, Conseil de Sécurité, 7546e séance, 28 octobre 2015, http://www.un.org/press/fr/2015/cs12101.doc.htm

[8« Le Conseil de sécurité doit se saisir de cette situation, en prenant des mesures de sanctions contre les individus responsables d’actes de violence ou d’incitation à la violence en invoquant le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies », a insisté, de son côté, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme. « À ce stade, le désarmement urgent des milices doit être une priorité », a-t-il dit, tandis que M. Dieng a prié le Conseil de demander au Gouvernement burundais de s’asseoir à la table des négociations. - http://www.un.org/press/fr/2015/cs12112.doc.htm

[9Texte de résolution S2015/865, résolution 2248 (2015) - Matthew Russell Lee, Inner City Press, https://www.scribd.com/doc/289484558/Sur-Burundi-voici-resolution-du-CSNU-adopte-Nov-12-2015-en-francais

[11"L’Union africaine, a indiqué l’Observateur permanent de cette organisation auprès des Nations Unies, M. Téte António, a décidé d’imposer des sanctions ciblées. M. Antonio a évoqué les interdictions de voyage et le gel d’avoirs contre les acteurs burundais qui entravent la recherche d’une solution à la crise." - http://www.un.org/press/fr/2015/cs12112.doc.htm

[13Pen holder : « On désigne par ce terme la délégation qui écrit la première version d’un projet de texte. Par exemple, la France tient traditionnellement la plume sur les textes du Conseil de sécurité relatifs à la Côte d’Ivoire [sic] », comme le rappelle le site de la Représentation permanente de la France à l’ONU, http://www.franceonu.org/Glossaire-onusien-a-l-usage-des-5672

[14De même qu’il semble pour le moins inopportun que la France soit "pen holder" sur les textes de l’ONU relatifs à la Côte d’Ivoire ou à la République Démocratique du Congo, il semble criminel que la France soit presque systématiquement reconduite à la tête du Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, le DKPO, dont dépend notamment la MONUSCO. Nous en appelons ici à une campagne citoyenne française demandant le départ de Ladsous de la direction du DKPO, de même qu’il nous semble nécessaire que cette agence de l’ONU sorte définitivement du giron français.

[15Hubert Védrine : « (...) donc, il est resté des relations d’armement et c’est pas la peine de découvrir sur un ton outragé qu’il y a eu des livraisons qui se sont poursuivies : c’est la suite de l’engagement d’avant, la France considérant que pour imposer une solution politique, il fallait bloquer l’offensive militaire. Ça n’a jamais été nié, ça. » - Rencontre avec Hubert Védrine, acteur clef du « rôle de la France dans le génocide des Tutsi » , 30/10/2014, http://nepassubir.blog.lemonde.fr/2014/10/30/rencontre-avec-hubert-vedrine-acteur-clef-du-role-de-la-france-dans-le-genocide-des-tutsi/.

[16UN Group of Experts on the Democratic Republic of the Congo, Midterm Report under resolution 1533, Inner City Press. - http://www.innercitypress.com/drcsanc0613repicp.html

[18Voir Que se passe-t-il au Kivu ? Les forces de l’ONU associées aux génocidaires, L’Agence d’information, 7/04/2013 - http://lagencedinformation.com/030-que-se-passe-t-il-au-kivu.html et les articles publiés par l’Agence d’information.

[19Voir le rapport de 13 ONG internationales, dont la FIDH, et un réseau de 289 ONG congolaises, le RRSSJ – Réseau pour la réforme du secteur de la sécurité et de la justice – publié en avril 2012 et intitulé « Prendre position sur la réforme du secteur de la sécurité », qui désigne les forces armées congolaises comme la principale menace pour la population civile.
http://www.izuba.info/info/rdc-rapport-prendre-position-sur-la-reforme,723.html

[20« Le gouvernement de la RDC renonce à tout soutien de la Monusco dans les opérations de traque des rebelles rwandais des FDLR. Le chef de l’Etat, Joseph Kabila, l’a annoncé dimanche 15 février aux ambassadeurs accrédités à Kinshasa. Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, a affirmé que des contradictions dans la communication sur cette question des FDLR seraient à la base de cette décision (...) les deux partenaires ne se sont mis pas mis d’accord sur la présence de deux généraux qui participent à ces opérations sur qui pèsent des graves soupçons d’atteintes graves aux droits de l’homme » - Radio Okapi, 16 février 2015, http://www.radiookapi.net/actualite/2015/02/16/traques-des-fdlr-la-rdc-renonce-tout-soutien-de-la-monusco/

[21« Le gouvernement de la RDC pourrait revoir sa position quant à la collaboration entre les FARDC et la Monusco dans la traque des rebelles rwandais des FDRL. » - Radio Okapi, 4 juillet 2015 , http://www.radiookapi.net/actualite/2015/07/04/traque-des-fdlr-le-gouvernement-pourrait-revoir-sa-collaboration-avec-la-monusco.

[22« Le chef de l’État a officiellement annoncé à ses partenaires la renonciation de la RDC à tout soutien de la Monusco dans l’opération de désarmement contre les FDLR. Cette opération qui a bel et bien commencé va se poursuivre par les seules Forces armées de la RDC », a déclaré Lambert Mende sur les ondes de la télévision nationale (RTNC). - 16/02/2015, http://www.radiookapi.net/actualite/2015/02/16/traques-des-fdlr-la-rdc-renonce-tout-soutien-de-la-monusco/

[23« À ce stade, le désarmement urgent des milices doit être une priorité » - http://www.un.org/press/fr/2015/cs12112.doc.htm

[24Notamment d’Olivier Verreckt, l’attaché de Défense au Burundi et Chef de la coopération sécurité et défense [DGRIS]. Une quinzaine de « gendarmes français et leur matériel » sont par ailleurs arrivés en renfort « à Bujumbura pour renforcer l’équipe habituelle chargée de la sécurité de l’ambassade de France, a annoncé mardi l’ambassade à l’AFP », Le Point Afrique, 19/05/2015.

[25Réponse du 15/09/2015 du Ministère des affaires étrangères français à la question écrite n°85108 de Mme Geneviève Gosselin-Fleury (14/07/2015), http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-85108QE.htm .
Le 10/11/2015, M. Pascal Terrasse, dans une nouvelle question (n°90984) au gouvernement - sans réponse à ce jour - « attir[ait] l’attention de M. le ministre des Affaires étrangères et du Développement international sur la situation dramatique du Burundi. Un génocide rampant a commencé, des Burundais appellent à l’aide. La France et la communauté internationale ne doivent pas laisser se développer ce phénomène où des gens sont assassinés tous les jours. Depuis plus de trois mois, le Burundi se lève chaque matin avec la découverte de cadavres ici et là. La plupart des victimes sont de l’ethnie Tutsi et surtout la quasi-totalité des victimes sont des membres de l’opposition. La France se doit d’avoir non seulement des paroles de condamnation, mais aussi des actes forts en lien avec l’Union européenne, les États-Unis d’Amérique ainsi qu’avec l’Union africaine. Il faut prendre les moyens de venir en aide aux vrais démocrates africains et aux sociétés civiles qui souffrent. C’est pourquoi il souhaiterait savoir quelles sont les intentions du Gouvernement à ce sujet. » - http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-90984QE.htm

[26Sur la doctrine française, voir le dossier de La Nuit rwandaise - http://www.lanuitrwandaise.org/revue/-guerre-revolutionnaire-.html .

[27« UN Peacekeeping chief Herve Ladsous having granted extensions to Burundian forces to continue in his mission in the Central African Republic despite not having the right equipment », Inner City Press, 20/11/2015, http://www.innercitypress.com/unspoken1burundi112015.html. Voir aussi : http://www.innercitypress.com/ladsous1burundipragmatic100715.html

[28« UN Peacekeeping chief Herve Ladsous, multiple sources exclusively complained to Inner City Press, wrote a letter urging that Burundi’s government be provided with weapons, ostensibly for peacekeeping, including grenades. One letter was to Montenegro. The sources asked Inner City Press what safeguards if any were in place that these grenades and other weapons are not used against democracy protesters in Burundi itself. They noted that Ladsous’ Department of Peacekeeping Operations « let Nkurunziza take nine million dollars from the contingent-owned equipment fund », which one called « a variation on Rwanda in ’94. » - Inner City Press

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